Qu'est-ce que CARE
(Comprehensive Accounting in Respect of Ecology)?

Présentation du projet CARE 

mise à jour:  09/02/2022

  • En quoi CARE n'est pas (que) une méthode ou un modèle comptable?

  • En quoi CARE permet de repositionner les débats sur la comptabilité (financière et écologique), la perspective sur les modèles d'affaires, l'économie de façon plus générale?

  • En quoi CARE est un cadre d'analyse particulier?

  • Et en quoi CARE réalise une articulation entre théorie et pratique?  

Aux origines de CARE

CARE apparaît d'abord comme un modèle comptable, proposant de faire évoluer les bilans et comptes de résultats des entreprises, et ainsi toute l'analyse des performances organisationnelles, pour inscrire l'obligation de préserver des "entités capitales" - les capitaux au sens de CARE - naturelles et humaines employés par les entreprises.

 

Ainsi, en conséquence, selon CARE, une entreprise ne peut calculer son profit qu'une fois le "remboursement" de sa dette écologique, envers ces capitaux naturels et humains, garanti, comme elle le fait déjà pour ses capitaux financiers.

Cette idée générale, très schématique, s'inscrit en fait dans un projet global que nous introduisons ici. Nous revenons également sur les fondements de cette idée.

Le projet CARE 

Le projet CARE n'est ainsi pas une simple méthode ou un simple modèle comptable mais est un programme de recherches et développements, qui "fonctionne" selon une approche axiomatique et déductive, à partir d'analyses scientifiques et d'hypothèses, relatives aux orientations de la comptabilité, de l'économie et de l'écologie et qui construit, sur ces bases, une méthodologie comptable opérationnelle.

CARE est dès lors un programme complet visant à ré-interroger la comptabilité et l'économie, pour définir, de manière scientifique, l'architecture organisationnelle adéquate, c'est-à-dire le cadre conceptuel comptable adéquat, comptablement et économiquement fondée, appropriable par les acteurs de terrain, opérationnelle et alignée sur la soutenabilité forte.

Dans ce cadre, et en conséquence, le projet CARE se structure autour de plusieurs axes, regroupant: 

Le projet CARE englobe ainsi notamment :

Opérationnellement, CARE apparaît comme le seul système comptable (au niveau international), ​

  • totalement intégré: CARE se fonde sur des comptabilités biophysiques, croisées ensuite avec des données financières, pour obtenir un intégration entre données financières et socio-environnementales. Cette intégration se manifeste notamment:

    • par l'apparition de comptes, au niveau du Grand Livre, du bilan et du compte de résultat, mêlant aspects financiers et extra-financiers;

    • par des évaluations monétaires, traduisant les enjeux de préservation des capitaux; 

    • par une restructuration de certains comptes financiers du Grand Livre (par exemple, la notion de "salaire" disparaît dans CARE pour être remplacée par des comptes renvoyant à des aspects non financiers mais aussi humains - de préservation des capitaux humains / là où le salaire n'enregistrait qu'un aspect financier, CARE reconnaît par exemple le paiement de compétences - aspect financier - et la nécessité de préserver des êtres humaines - aspect humain).

En cela, le bilan et le compte de résultat de CARE ne sont pas un bilan et un compte de résultat financiers classiques, augmentés d'un bilan et d'un compte de résultat verts ou socio-environnementaux, mais bien un bilan et un compte de résultat intrinquant pleinement enjeux financiers et socio-environnementaux (de multiples façons).​

  • aligné sur la soutenabilité forte écologique;

  • donnant un cadre méthodologique pour appréhender la restructuration des modèles d'affaires et des tableaux de bord;

  • proposant une évolution de la comptabilité générale et du plan de comptes, et ainsi une pré-normalisation comptable pour un plan de comptes intégré. CARE peut d'ailleurs être envisagé pour une analyse des conditions et exigences conceptuelles et concrètes pour converger vers un tel plan de comptes. 

➔ Cartographie des axes du projet CARE

Utiliser + et - pour zoomer et dézoomer sur la cartographie

Les modèles 1 et 2 sont détaillés ici.

 

Détails de certains éléments importants du projet CARE

En conséquence de ces constats, CARE structure notamment un cadre conceptuel comptable, rejetant les approches par la « valeur » et explorant scientifiquement la convergence entre comptabilité « classique » (modèle 1) et enjeux de préservation écologiques : CARE assure un (re)cadrage global de l’activité des organisations.

En tant qu'extension du modèle 1, CARE étend déjà la définition du capital financier comme avance/dette aux enjeux non financiers

➤ Les capitaux au sens de CARE sont définis ainsi: 

un capital est une « entité » (matérielle ou non, humaine ou non), employée et consommée (par l’organisation) dans son modèle d'affaires/organisationnels, dont l’existence est indépendante de l’activité de l’organisation (notamment de son utilité/productivité), et reconnue comme devant être préservée.

Un capital est une « entité capitale », source de préoccupations.

➤ CARE repose ensuite sur une extension systématisée du suivi des emplois/consommations, dans l’activité de l’organisation, de ces capitaux ainsi que de la garantie de leur « remboursement » (préservation) à termes, impliquant la mise en place de comptabilités biophysiques, de tableaux de bords, etc. adaptés.

➤ CARE s’inscrit dans la soutenabilité forte écologique : chaque entité « capitale », humaine ou non (comme une rivière, un employé, une forêt, la biodiversité, le climat, etc.), doit être préservée dans son intégrité, une à une.

CARE ne conduit donc pas à un comptabilité "triple capital", mais multi-capitaux: il y a autant de capitaux que d'entités capitales à préserver.

➤ CARE amène à la restructuration du modèle d’affaires : pour exploiter les entités capitales et ainsi créer de la valeur, CARE conduit à s’interroger, dès l’amont, sur la manière de préserver les capitaux utilisés pour cette création de valeur: à côté de la « fonction d’exploitation » est mise en évidence une « fonction de préservation ».

CARE comme base théorique socio-économique

Dans ces conditions, CARE est aussi conçu et développé (notamment au niveau de la recherche) comme une théorie socio-économique particulière, caractérisée :

  • par une redéfinition de l’économie à travers ses systèmes comptables (organisationnels, nationaux, écosystémiques, etc.) – renouant ainsi avec une tradition de l’économie comme « mode d’administration d’un ‘foyer’ commun » par le biais d’outils de gestion qualitatifs et quantitatifs adaptés (systèmes comptables) ;

  • dans cette optique, par une prise en compte de la notion de dette écologique et des conséquences socio-économiques de cette notion ;

  • par une représentation de l’économie sous la forme de flux dynamiques de capitaux monétaires et écologiques (biophysiques, humains, etc.) (extension de la partie double à l’économie), évalués à leur coût de préservation ;

  • par une nécessaire définition collective et scientifique des capitaux non-financiers (écologiques) ;

  • par une évolution des modélisations macroéconomiques sur ces bases.

CARE conduisant à une méthodologie comptable